Dissertation de littérature

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Méthodologie de dissertation de littérature

à l'origine de cette page, un document de Nasty Girl, pour le capes d'avant 2010.


Sommaire

Barême de notation

Entre 0 et 3 : sujet non compris- erreur dans la définition des termes (hors sujet)-absence de plan ou plan incohérent-citations sans pertinence ou absence de citation

Entre 4 et 6 : copie trop loin de l’œuvre-copie trop proche du cours- peu ou pas de référence à l’œuvre-absence de problématique-trop de psychologie du personnage

Entre 7 et 9 : début de problématisation mais ensemble superficiel- rebrassage intelligent du cours-quelques citations.

Entre 10 et 12 : présence d’une vraie problématique. On parle bien d’un livre

Au dessus de 13 : livre entier vu dans le sujet, sujet très problématisé.

Bonus pour idées originales argumentées et prouvées, culture générale et littéraire.


Travail à faire avant le concours

  • Lire les œuvres plusieurs fois.
  • Faire des fiches de personnages (description en 3 adjectifs/ relations avec autres personnages/façon dont les personnages sont décrits par l’auteur)
  • Faire des fiches de découpage : quels sont les moments-clé ? quels sont les changements de lieux et qu’induisent-ils ? quelles sont les grandes articulations du texte ?
  • Faire des fiches de citations : relever une dizaine de citations sur des thèmes variés et apprendre par cœur ces citations.
  • Faire fiches de symboles et métaphores : quelles en sont les significations ?

Tout ce travail apportera une opinion PERSONNELLE sur l’œuvre.

  • Revoir les termes littéraires usuels: tragédie, humour, lyrisme, ironie etc…
  • Lire ou relire G. Molinier Dictionnaire de rhétorique.

La dissertation

  • Disserter c’est discourir de façon méthodique. C’est une argumentation, on doit prouver quelque chose. Trouver une problématique c’est trouver TOUS les problèmes impliqués par le sujet, et ce, de manière reliée. *Il peut y avoir plusieurs problématiques pour un même sujet.
  • Il faut d’abord définir les termes du sujet. Par exemple dans le sujet « untel (personnage féminin de roman) est elle une héroïne ? » il convient de se demander ce qu’est une héroïne. La problématique serait ici : quelle sorte d’héroïne est-elle ?
  • Tenir compte de : plot/terms/space/Time/symbols/style/technique narrative/Histoire des idées/quel rapport entre cette œuvre et d’autres œuvres sur le sujet.
  • Avec la problématique, construire le plan en 3 parties impérativement comprenant elles-mêmes 3 sous-parties. Chaque partie doit être liée par la suivante par une phrase de transition. On part de l’idée la plus simple/évidente vers la plus compliquée.

L’introduction

DOIT être en trois parties et les parties dans cet ordre (sinon, sanction immédiate au niveau de la note)

A- Introduction du sujet, débuter par le rapport entre l’auteur et son œuvre ou bien par le contexte de l’œuvre (mais très court alors), ou encore par la référence à d’autres œuvres.

B- Cadrer le sujet en définissant les termes et en exprimant le genre du sujet (politique, religieux, social etc…)

C- Introduire la problématique qui va expliquer pourquoi on a choisi tel plan (ainsi, annonce indirecte du plan)

La conclusion

elle doit montrer les chemin parcouru. Elle doit AUSSI être en trois parties et les parties doivent être dans cet ordre (là encore sinon sanction immédiate).

A- Reprise des résultats du cheminement de chaque partie.

B- Chair de la conclusion, réponse claire à la question posée par la problématique.

C- Ouvrir un peu le sujet

Plusieurs types de plans sont possibles

Le plan analytique : on développe les différents domaines dans lequel le sujet fait sens (socio, psycho,moral, religieux etc…) Le plan dialectique : en gros thèse, antithèse synthèse (oui/mais/alors)

Ne pas faire de dérive psychologique ou sociologique. On parle de littérature. Soigner son style. En cas de doute sur sa propre syntaxe, faire des phrases courtes. Garder un bon quart d’heure pour la relecture.

Organisation le jour du concours

Ces remarques ne s'appliquent plus au capes après 2010.
Dès que l’on voit sur quel auteur on « tombe » recopier sur le brouillon les citations que l’on a apprises par cœur. Lire plusieurs fois le sujet. Noter en vrac les idées que le sujet nous inspirent. Ordonner ces idées et bâtir la problématique. Puis bâtir un plan. Prendre la première partie et bâtir 3 sous parties. Prendre la partie 2 et bâtir 3 sous-parties etc… Détailler le plan au maximum. Tout cela doit prendre environ1 heure. Rédiger l’introduction au brouillon.Puis rédiger sur un brouillon la conclusion (faite au début de l’épreuve elle sera claire et pas faite à la dernière minute. C’est la partie la plus importante du devoir) Rédiger ensuite le devoir et recopier la conclusion.

Bien noter que grâce à cette organisation, les deux choses les plus importantes (intro et conclusion)sont rédigées l’esprit claire et pas encore fatigué par les cinq heures de l’épreuve. Le correcteur est très attentif au début et à la fin. Entre, il survole (il a 100 copies à corriger en une semaine…) Soigner particulièrement la présentation et l’écriture (là encore penser au correcteur enseveli sous les copies ; une copie propre lui inspire plus confiance qu’un torchon.) c’est aussi un signe de respect envers le correcteur.

Extraits de rapports de jury

Agrégation externe 2009

  • Cette étape indispensable [la problématique] a pour principal mérite d'introduire une dynamique de la réflexion, qui s'avèrera précieuse pour la suite du devoir, notamment en parant le risque de la juxtaposition décousue de remarques ne menant nulle part. Les étapes de la réflexion qui va être menée doivent, quant à elles, apparaître nettement, ce qui ne veut pas dire maladroitement, ou pesamment, assénées sous la forme de l'annonce d'un plan. C'est là encore un moment crucial du devoir ; l'examinateur pouvant à tout moment y faire retour lors de sa correction pour s'assurer de la cohérence de l'ensemble.
  • Le corps de la dissertation doit éviter de nombreux écueils, parmi lesquels le placage des connaissances, l'addition de remarques improvisées au fil des mots, voire encore les considérations générales ne prenant l'oeuvre à étudier que comme prétexte. Sans tomber dans le formalisme excessif, une dissertation se subdivise en parties clairement séparées les unes des autres sur la page, et en sous-parties. Cette hiérarchisation de la pensée est mise au service d'une clarté du propos car il s'agit in fine de transmettre et de faire partager, d'où l'intérêt de garder à l'esprit la présence de ce lecteur averti et exigeant, à qui il faut offrir le plus grand confort possible dans sa réception du texte. Un paragraphe n'est pas un bloc monolithique, les remarques y sont classées et étagées. Après avoir annoncé une idée fédératrice, mettant en correspondance, ou en tension, les deux termes du sujet, l'étape suivante consiste à étayer celle-ci, en s'appuyant sur des renvois précis au texte. Une citation peut venir corroborer le propos à condition de ne pas en faire un usage purement ornemental. Il existe deux modalités dřinscription de la citation ; la première consiste à faire de celle-ci le point de départ dřune série de remarques, en procédant à une micro-lecture pour mettre en évidence des choix lexicaux, syntaxiques, stylistiques, et parfois en attirant lřattention sur la métrique. La citation peut encore agir comme validation, en confirmant, preuve à l'appui, ce que l'argumentation entend démontrer.
  • Dans cette attention qu'il faut impérativement apporter à la forme, la conclusion requiert une vigilance toute particulière. Trop souvent, celle-ci fait figure d'appendice informe, rédigé à la hâte et sans grande conviction, pour se plier à une norme ressentie comme artificielle et superfétatoire. Or c'est pourtant bien la dernière impression que laisse un devoir et à ce titre, il est impératif d'y apporter le plus grand soin. La conclusion ne peut être rédigée qu'après une relecture attentive du devoir afin de pouvoir en faire ressortir les éléments saillants, reformulés de manière synthétique afin d'emporter la conviction. Un élargissement en relation directe avec l'analyse qui précède peut être proposé et une prise de position discrètement énoncée doit donner à entendre une réflexion personnelle qui se sera nourrie de la confrontation avec le texte étudié.

Agrégation externe 2011

  • C’est en effet dans l’introduction que le sujet est problématisé et qu’est formulée une thèse que le candidat va ensuite démontrer en plusieurs étapes qui constitueront les différentes parties de la dissertation. Trop fréquemment, les copies n’ont proposé que de fausses introductions : il ne suffit pas en effet de définir – souvent maladroitement – les deux termes du sujet, puis d’annoncer que l’on va étudier en quoi ils peuvent être reliés pour formuler une problématique. Ce sont à l’inverse ces liens conceptuels que la problématisation du sujet doit faire apparaître et c’est bien de cette problématisation du sujet que se dégagent les étapes du raisonnement, autrement dit le plan de la dissertation.
  • Une dissertation ne vise pas à dire tout ce que l’on sait de l’oeuvre sur laquelle elle porte. La connaissance de l’oeuvre doit être mise au service de la démonstration et non faire l’objet de la dissertation. Le correcteur doit pouvoir suivre les différentes étapes du raisonnement, ce qui implique que le candidat construise de véritables paragraphes (et non des phrases juxtaposées) et de véritables parties. Sans aller jusqu’à numéroter les parties et sous-parties de la dissertation, le candidat doit, par un espace blanc, distinctement séparer les différentes étapes du raisonnement. Le candidat ménagera de réelles transitions mettant en lumière la nécessité de passer à l’étape suivante du raisonnement et évitera les transitions artificielles (« Nous allons maintenant passer à ... »). Ces transitions seront bien évidemment d’autant plus aisées que le raisonnement est construit, et il convient ici de rappeler que les plans thématiques juxtaposant successivement des réflexions sur différents aspects du roman ne sont en général pas propices à une problématisation convaincante du sujet, car ils accentuent l’effet de liste et relèvent fréquemment d’une approche naïve et mécanique de la littérature qui ne perçoit dans un roman que les personnages et leur destin (la diégèse). On pense notamment aux plans du type « les personnages », « l’action », « l’auteur », ou toute variante tout aussi mécanique.



Liens extérieurs