Méthodologie

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Ensemble cohérent de procédés, techniques et méthodes qui s'est révélé capable, sur une certaine période historique et chez des concepteurs différents, de générer des cours relativement originaux par rapport aux cours antérieurs et équivalents entre eux quant aux pratiques d'enseignement / apprentissage induites.

HISTOIRE DES MÉTHODOLOGIES de l'enseignement des langues + document récapitulatif méthodo/IO:

Sommaire

Méthodologie grammaire-traduction (appelée aussi traditionnelle ou classique): XVIIè-XIXè siècle

Elle ne répond à aucun fondement théorique de référence.

"Objectif formatif et culturel à visée intellectuelle. Compréhension écrite .Pas d'oral, ni de phonologie. Accumulation de connaissances" (Bourguignon, 2005)

La langue doit développer "culture littéraire et gymnastique intellectuelle"

L'enseignement est de type magistral. La littérature sert de base à l'apprentissage lexicale (liste de mots mémorisés), syntaxique (exercices de traduction), grammatical (règles énoncées et suivies d'exemples selon un schéma inductif). (Rolland, 2007)

Pb: la passivité de l'élève

Méthodologie directe: début du XIXè siècle (IO 1901-1902-1908)

Aucun fondement scientifique ne justifie cette orientation, si ce n'est une opposition pure et dure à ce qui se pratiquait avant.

"Orientation naturelle préconisée par Montaigne et Locke. Objectif pratique de communication et enseignement oral, démarche inductive, interactive et grammaire anarchique". (Bourguignon, 2005)

"Langue acquise par imprégnation selon les mêmes modalités que la langue maternelle, ce qui est maintenant contredit". (Nancy-Combes, 2005)

"Développement du non verbal, des gestes, langue maternelle proscrite". (Quivy/Tardieu, 1995)

"La langue est un outil de communication au service du développement des échanges économiques, politiques, culturels et touristiques du début du XXè siècle". (Puren, 1998)

On part enfin de situations de la courante et la traduction est bannie. L'apprentissage est plus intuitif, implicite, on explique pas les règles. La grammaire est abordée de façon inductive. L'élève devient actif.

Pb: La progression en linguistique s'avère anarchique et l'interdiction de traduire pose problème pour intégrer les concepts grammaticaux. L'enseignant est un modèle linguistique puisque les enregistrements n'existent pas encore. (Rolland, 2007)

Méthodologie active: des années 20 aux années 50 (IO 1925-1938-1950)

Aucun fondement scientifique ne vient corroborer cette pratique qui ne se justifie que par les réactions aux méthodologies précédentes.

"Objectif formatif, pratique, culturel, intellectuel, prédominance de l'écrit, oral d'imitation et de lecture, texte écrit au centre de la démarche, pragmatisme face à l'utopie de la méthode directe". (Bourguignon, 2005)

"Ces méthodologies n'ont rien de scientifique, apprentissage cumulatif sans réflexion". (Nancy-Combes, 2005)

--> 3 tendances
- influence du traditionnel (grammaire étudiée à partir de règle, peu d'oral, démarche déductive favorisée, mémorisation-restitution)
- influence d'une approche pratique axée sur la vie des élèves (fonctionnement raisonné de la grammaire, intégration de l'induction)
- influence du culturel (documents plus authentiques)
Le français n'est plus interdit. On prend appui sur l'écrit pour lancer les activités orales.
On instaure un schéma de classe type minuté partant de l'interrogation, de la lecture du nouveau texte, des explications linguistiques, du commentaire, de la traduction. Principe-clé l'éclectisme. (Rolland, 2007)

Pb: le schéma de classe à tenir, la passivité de l'élève parfois.

Méthodologie audio-orale: début des années 60 aux années 70 (IO 1969)

Influencée par la psychologie béhavioriste de Skinner et la linguistique structuraliste distributionnaliste de Bloomfield.

"Apports linguistiques et culturels, acquisition d'habitudes et d'automatismes par la répétition, exercices structuraux, opérations de substitution et transformation, absence de contextualisation, apport de l'audio-visuel, erreur non tolérée". (Bourguignon, 2005)

C'est l'âge d'or de la linguistique appliquée. La grammaire est inductive. Les dialogues sont structurés pour être appris par cœur. des exercices structuraux, de l'imitation, de la substitution, du renforcement et des automatismes. La phonologie est abordée par des exercices structuraux mécaniques. (Rolland, 2007)

Pb: l'erreur reste bannie; les dialogues sont artificiels, la compréhension et la réutilisation ne sont pas garanties, la langue est réduite à des structures dénuées de sens, la phonologie s'acquiert par imitation, l'apprenant répète mais ne construit pas du sens.

Méthodologie structuro-globale audio-visuelle (sgav): des années 70 aux années 80 (IO 1977)

Influencée par le béhaviorisme et le structuralisme.

"Validation des principes audio-visuels, apparition de la communication et début des notions-fonctions, des 4 compétences, assez proche de la méthodologie directe, présentation d'un dialogue, explications, répétitions-fixation, exploitation, intégration du non verbal-d'où globale, grammaire inductive". (Bourguignon, 2005)

On prend en compte la globalité des activités. La linguistique est abordée en situation, passe de la forme pour arriver au sens. On apprend en répétant les répliques du dialogues et en phase ultérieur, on restitue le dialogue complet qui a été mémorisé. La grammaire reste inductive. On ne doit pas utiliser la langue maternelle. L'écrit est proscrit pendant une période (envoi un trimestre selon les méthodes) pour permettre une pleine acquisition orale. On y trouve une organisation immuable: présentation, explication, répétition/fixation/ mémorisation par cœur, exploitation/réemploi. Utilisation des paires minimales en phonologie. (Rolland, 2007)

Pb: prisonnier d'une approche structuraliste encore trop marquée.

Méthodologie communicative: des années 80 à nos jours

  • approche communicative de première génération et les notions-fonctions

"Ensemble de méthodes pédagogiques qui se fondent sur la simulation ou la reconstruction directe de situations d'échanges langagiers authentiques impliquant des 'fonctions' plausibles dans la vie réelle. L'apprenant est alors en mesure d'utiliser les outils de la langue que l'on met à sa disposition, en fonction des besoins informationnels, pragmatiques, expressifs qui sont les siens compte tenu des caractéristiques de l'interaction concernée". (Bailly, 1998)

  • approche communicative de deuxième génération, d'obédience cognitive et constructiviste

"Le cognitif concerne la connaissance". (Bailly, 1998)
"Le constructivisme: théorie de la connaissance (Piaget) qui conçoit la dynamique cognitive comme le résultat d'une interaction constante entre le sujet et le milieu". (Bailly, 1998)
"Les activités cognitives sont globalisantes - phonologie, syntaxe, lexique, sémantique - anticipatrices et structurantes". (Gaonac'h,1986)
"Le cognitif a trait à la connaissance et par extension il relève de systèmes d'apprentissage où l'apprenant est conduit à réfléchir sur ce qu'il apprend et la façon dont il l'apprend". (Narcy, 1990)

  • approche communicative de troisième génération à visée actionnelle

cf CECRL