Républicains (Les) , de Dwight D. Eisenhower à George W. Bush (1952 - 2008)

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Sommaire

Cadrage du Bulletin Officiel

  • Après près de vingt ans de présence démocrate ininterrompue à la Maison Blanche, l’élection de Dwight D. Eisenhower en novembre 1952 marque le retour des Républicains à la tête de l’exécutif. Dans les décennies qui suivent, sa réélection et les deux victoires de Richard M. Nixon ne doivent pas occulter le fait que le Parti républicain demeure structurellement minoritaire. Pour renverser cette situation, les dirigeants et la base du Grand Old Party (GOP) ont cherché à renouveler leur corps de doctrine et à adapter leur stratégie électorale. Paradoxalement, c’est la défaite écrasante de Barry M. Goldwater en 1964 qui apparaît a posteriori comme le point de départ de la recomposition du paysage politique. Sa rhétorique résolument conservatrice, en rupture avec le liberal consensus de l’après-guerre, annonce celle de Ronald W.Reagan en 1980. Pendant la présidence de ce dernier, le centre de gravité du débat politique se déplace progressivement vers les valeurs conservatrices et un nouvel équilibre se dessine entre les deux grands partis américains.


  • L’ascension républicaine fait l’objet d’interprétations diverses: les débats historiographiques portent notamment sur sa chronologie, sa géographie, son contenu idéologique, et sur les conséquences des mutations de l’identification partisane –sur ce dernier point, faut-il ainsi parler de «réalignement» ou de «désalignement»?


  • L’épreuve des faits, à travers l’exercice du pouvoir, est un élément d’appréciation essentiel de l’action des Républicains. Sans viser à l’exhaustivité, il conviendra de connaître les principaux succès et échecs des présidents républicains, les lois importantes votées par les élus du GOP au Congrès, ainsi que les décisions marquantes, d’inspiration conservatrice, de la Cour suprême. On prêtera une attention particulière aux points suivants:


Étapes

  • La séquence électorale permet d’identifier les étapes de la montée en puissance républicaine. On verra ainsi tout d’abord en quoi le programme de Goldwater se démarque du modern republicanism de la présidence Eisenhower, qui participe quant à lui du liberal consensus de l’après-guerre. Les thèmes de la campagne de Goldwater, notamment la défense des «droits des États» contre l’ingérence de Washington, suscitent dans les années qui suivent un écho grandissant, en phase avec certaines évolutions profondes de la société américaine.
  • Quatre ans après la défaite de Goldwater, Nixon se présente comme le porte-parole d’une majorité silencieuse hostile aux changements sociétaux des années 1960. À plus d’un titre cependant, sa politique intérieure s’inscrit dans la continuité de celle de ses prédécesseurs. C’est avec Reagan, ancien gouverneur de Californie (1967-1975), qu’accède à la Maison-Blanche un représentant de l’aile conservatrice du Parti républicain.Il doit sa victoire à une puissante coalition de groupes et d’individus aux convictions et aux intérêts très divers. Bien que son bilan soit, à bien des égards, éloigné des intentions initiales, sa présidence transforme la politique américaine en ce qu’elle met fin au consensus de l’après-guerre et lui substitue un nouvel équilibre.
  • À partir des années 1980, le GOP doit-il être considéré comme le nouveau parti majoritaire? Les élections restent très contestées; le débat politique est de plus en plus polarisé. Le succès spectaculaire des Républicains, conduits par Newton L Gingrich, lors des élections de mi-mandat en 1994, est suivi de la réélection du Démocrate William J. Clinton en 1996. En 2001, George W. Bush n’est investi qu’après une élection très disputée; sa présidence, que bouleversent les événements du 11 septembre 2001 et leurs conséquences, s’achève sur des revers électoraux pour le Parti républicain en 2006 et 2008.

Acteurs et instruments

  • L’ascension républicaine est rendue possible par des acteurs aux profils très divers dont on veillera à prendre en compte la multiplicité: le mot «Républicain» ne désigne pas seulement les électeurs dûment inscrits comme tels (registered Republicans), mais aussi les autres électeurs, les élus nationaux et locaux, les juges de la Cour suprême et des cours fédérales, les théoriciens (William F. Buckley, Jr., Irving Kristol, etc.) et les figures médiatiques (Grover G. Norquist, Paul M. Weyrich, etc.) de la mouvance conservatrice. Seront aussi examinés les think tanks (Cato Institute, The Heritage Foundation, etc.) et les dispositifs de diffusion (le réseau câblé Fox News, les talk shows radiophoniques, etc.) de l’idéologie du parti.
  • L’étude des aspects institutionnels de la question devra inclure le fonctionnement des structures nationales et locales du parti, ses modes de financement, et les mécanismes de désignation de ses candidats. On analysera les campagnes électorales, moments privilégiés de mobilisation de l’électorat, en identifiant les dynamiques qui leur sont propres.
  • Enfin, on s’attachera à l’un des traits les plus marquants de la recomposition politique: sa dimension géographique. En effet, l’engagement des Démocrates en faveur des droits civiques permet le déploiement d’une Southern strategy qui aboutit à la constitution d’un bastion républicain quasiment homogène dans le Sud. Toutefois ces gains notables et le maintien de positions solides dans les red states traditionnels s’accompagnent de difficultés persistantes à attirer durablement des catégories d’électeurs comme les minorités, au poids de plus en plus important, ou les femmes.

Enjeux

Le repositionnement du parti républicain sur une ligne conservatrice s’opère sous l’influence d’un renouveau intellectuel qui se dessine dès les années 1950. Se construit peu à peu un canon idéologique qui embrasse des thèmes très divers, parmi lesquels notamment:

  • une politique économique qui prétend rompre avec les héritages du New Deal et de la Great Society: supply-side economics, dérégulation, réduction du périmètre de l’État-providence, équilibre budgétaire, etc.;
  • les valeurs de la Droite chrétienne: opposition au droit à l’avortement et à la recherche sur les cellules souche, créationnisme, affirmation des valeurs de la famille traditionnelle, etc.;
  • la défense des libertés individuelles et des «droits des États» contre les interventions du pouvoir fédéral dans les domaines des droits civiques, de la fiscalité, de la réglementation de la possession des armes à feu, de la protection de l’environnement, etc.;
  • la dénonciation d’un prétendu activisme judiciaire d’inspiration libéral et l’affirmation progressive d’une lecture «originaliste» de la Constitution;
  • une rhétorique dénonçant, de façon appuyée, toutes les formes de criminalité, et visant à dépeindre l’adversaire démocrate comme laxiste sur les questions de sécurité (soft on crime);
  • l’instrumentalisation de la figure de l’ennemi extérieur, qu’il s’agisse du communisme ou du terrorisme.

Il conviendra de se familiariser avec un très riche corpus idéologique, en gardant à l’esprit son caractère souvent polémique et apologétique.

Par ailleurs, il ne faudra pas perdre de vue que les politiques publiques mises en œuvre par les responsables, élus ou nommés, ne sont pas exemptes de contradictions avec les éléments du canon conservateur.

Enfin, une attention particulière sera portée à la définition de termes tels que New Right, libertarian, liberal,etc., qui devront être situés avec précision dans leur contexte historique.

Bibliographie

Liens Utiles

Republican Radio

Documentaries

Nixon: L'homme que vous avez aimé haïr

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