Conseils pour préparer l'entretien avec le jury

Un article de Wiki Agreg-Ink.

Jump to: navigation, search

Sommaire

Capes Externe

Leçon

  • À l’issue de la présentation d’un candidat, le jury conduit un entretien avec lui qui peut durer jusqu’à dix minutes. L’on rappellera ici encore, comme dans tous les rapports du jury par le passé, que les questions posées lors de cet entretien n’ont aucunement pour but de piéger les candidats ni de les entraîner sur des pistes d’interprétation erronées. Pensé dans une visée sincèrement constructive, l’entretien affiche des finalités multiples : (1) demander des éclaircissements sur l’un ou l’autre propos tenu par le candidat lors de sa présentation, (2) encourager le candidat à développer un relevé ou bien un point d’analyse pertinent mais inabouti, (3) lui proposer de réfléchir à l’articulation d’une nouvelle notion dans les trois documents. (2012)
  • Bien entendu, l’entretien fournit aussi, le cas échéant, une occasion de (4) relever des inexactitudes ou des faux-sens dans l’interprétation et inviter les candidats à recadrer ses propos, ou de (5) questionner les candidats sur le/les document(s) sous-exploité(s) voire totalement ignoré(s) dans leur exposé. L'ensemble de ces questions doit leur permettre de continuer à construire le sens du dossier. Il semble donc inutile de leur part de débuter leurs réponses par des remarques maladroites ou malvenues telles que "that's a very good question" ou bien "thank you for this interesting question". (2012)
  • Les candidats doivent se convaincre que leurs propos ou analyses ne sont pas systématiquement remis en question. Ils doivent faire preuve de recul par rapport à leur présentation et identifier, posément et lucidement, les enjeux des questions qui leur sont posées. Cette prise de recul peut/doit imposer quelques secondes de réflexion avant de proposer une réponse. Il est nécessaire, à cet instant, de se détacher de ses notes afin de pouvoir percevoir, le cas échéant, les points qui méritent d'être reconsidérés. Les candidats se garderont de répéter de façon stérile les propos déjà tenus lors de l’exposé, de proposer de longs développements ou bien encore de digresser inutilement : le jury sait identifier ces manoeuvres d’évitement et ne manquera pas de relancer les candidats. (2012)
  • L'entretien se donne toujours pour but d’aider les candidats à hisser la qualité de leur prestation à un niveau supérieur. (2012)

Epreuve sur dossier

  • L'entretien est un dialogue qui permet idéalement des avancées dans l'analyse du dossier. Les questions visent à aider le candidat, à lui suggérer des pistes d'exploitation non évoquées ou peu approfondies. Il s'agit parfois de clarifier le propos pour s'assurer de la compréhension d'un document ou d'une référence culturelle. Le candidat pourra rectifier des erreurs ou corriger un contresens le cas échéant, mais il ne s'agit en aucun cas d'une remise en question systématique. Le jury rappelle qu’il n’y a pas forcément de « bonne réponse » univoque à ses questions. Ainsi, une question sur l’intérêt d’une stratégie politique peut tout à fait faire l’objet d’une réponse nuancée, distinguant par exemple l’intérêt à court et à long terme, ou bien des aspects de politique intérieure et internationale. (2013)
  • L’entretien est également l'occasion de confirmer les qualités de communication du candidat, futur enseignant potentiel. De toute évidence, tout frein à l'intelligibilité (voix mal posée, candidat qui marmonne, ne finit pas ses phrases ou hésite de façon répétée) est sanctionné. Inversement, un candidat réceptif, capable de prendre en compte les questions et d'y répondre avec dynamisme et pertinence, verra ses qualités reconnues. Le jury apprécie généralement, quand la question s'y prête, que le candidat développe et argumente ses réponses, sans pour autant diluer son propos et se perdre en digressions. Un entretien productif démontre la capacité du candidat à remettre en question son approche et à l'affiner sans pour autant nécessairement se dédire. (2013)

Capes Interne

Conseils du rapport 2012

  • Faire preuve de familiarité : on évitera les « paf », « machin », « truc », « voilà, voilà, voilà », tout autant que les « Yep! » ou « Whatever! », « je leur fais une petite PRL », etc.
  • Ecouter superficiellement les questions.
  • Penser qu’une question du jury signifie automatiquement que ce qui a été proposé n’est pas recevable.
  • Se contenter de répéter ce qui a déjà été dit dans l’exposé.
  • Camper sur des positions tranchées.
  • Affirmer que l’on a évoqué lors de l’exposé ce qui n’a pas été dit : chaque commission se compose de plusieurs personnes qui prennent des notes sur ce qui est effectivement dit.
  • Trop se demander ce que le jury a envie d’entendre. Les membres du jury ont avant tout envie de voir les candidats réfléchir à partir des questions qu’ils ont formulées.
  • Raconter sa vie ou évoquer systématiquement son expérience pour justifier sa démarche. Il faut se montrer capable de conceptualiser.

Conseils du rapport 2013

  • L’entretien est mené par les trois membres de la commission qui prennent en note tout ce qui est effectivement dit par le candidat. Il n’est en aucun cas fait pour déstabiliser le candidat. Il s’agit d’un moment d’échange qui permet au candidat de préciser ou de rectifier un propos, d’approfondir un aspect de son projet, ou d’aborder un point qu’il n’aurait pas eu le temps de développer.
  • Le jury attend que le candidat réagisse positivement, argumente et défende ses choix ou qu’il fasse preuve de réactivité quand il est amené à envisager d’autres pistes sans camper sur des positions tranchées. Le candidat ne confondra pas l’épreuve du concours avec un moment de formation, il ne demandera pas au jury d’expliquer tel ou tel élément même s’il peut lui demander de reformuler une question qu’il aurait mal comprise. Il n’émettra pas d’hypothèses sur la manière dont il réussit l’épreuve en fonction des questions posées par le jury. Celui-ci demandera souvent au candidat de justifier la pertinence d’une activité et d’expliquer en quoi elle va aider l’élève. Il s’agit de réagir avec bon sens, quitte à revenir sur une proposition de mise en oeuvre et en présenter une autre plus judicieuse. Le jury attend souvent davantage un cheminement, une réflexion, qu’une réponse. Il faut éviter de dire « je ne sais pas, je n’y ai pas réfléchi » alors qu’on en donne l’occasion au candidat et ne pas hésiter à prendre un temps de réflexion avant de formuler une réponse.
  • Il est rappelé également aux candidats que l’épreuve de didactique est l’occasion pour le jury d’évaluer la qualité de leur français : il est nécessaire d’adopter un registre de langue correct, compréhensible et surtout adapté à la profession. On évitera les expressions familières (« voilà, voilà » - « une éval’ »- « tu vois » – « vu que les élèves sont zen », « etc. »).

Conseils du rapport 2014

  • L’entretien est mené par les trois membres de la commission qui prennent en note ce qui est dit par le candidat et ne cherchent en aucun cas à le déstabiliser. Il s’agit d’un moment d’échange qui permet au candidat de préciser ou de rectifier un propos, d’approfondir un aspect de son projet, ou d’aborder un point qu’il n’aurait pas eu le temps de développer.
  • Lors de l'entretien, le jury pose des questions d'élucidation. Il demande dans ce cas des précisions car le propos n'était pas assez clair ou était contradictoire. Il pose aussi des questions de rectification, par exemple, il a relevé une erreur et aide le candidat à la rectifier. S'ajoutent des questions d'approfondissement quand une piste a été évoquée mais mériterait d'être davantage explorée.
  • Le jury attend que le candidat réagisse de façon constructive, argumente et explicite ses choix ou qu’il fasse preuve de réactivité quand il est amené à envisager d'autres solutions sans camper sur des positions tranchées. Le jury attend davantage un cheminement, une réflexion qu'une réponse aboutie. Ses questions sont l'occasion pour le candidat de clarifier, de développer et d'approfondir, voire de rectifier ce quise trouve dans le dossier de RAEP.


Agrégation Externe

Conseils de la brochure de Paris-Diderot

Extrait de la Conseils de la brochure de Paris-Diderot(pages 35 et 36) sur l'agrégation externe.

  • L'entretien est un moment important de l'épreuve. Il doit permettre au candidat de préciser certains points de son exposé, de considérer des aspects du texte ou du sujet qui n'ont pas été abordés dans l'exposé, de corriger d'éventuelles erreurs de lecture ou d'interprétation, et à partir de là, de corriger le cours de son exposé ou d'élargir son propos. Le jury attend de l'entretien qu'il aide le candidat à éclaircir, corriger et enrichir son propos. Un entretien abordé avec ouverture, concentration, et dans un esprit de communication, offre au candidat la possibilité d'améliorer sa performance durant l'exposé. En revanche, un candidat qui tend à camper sur ses positions, qui répète son propos sans chercher à comprendre les questions du jury, ou qui au contraire modifie sans discernement son propos par souci de plaire au jury, risque de se pénaliser pour la notation finale.
  • Les questions du jury sont en général de trois types : questions de clarification ou de correction portant sur le détail du/des documents commentés, questions de reprise portant sur des parties de l'exposé, questions de reprise et d'amplification portant sur l'exposé en général. Un bon entretien permet au jury de passer d'un type de question à l'autre et au candidat de corriger ou d'enrichir l'ensemble de sa performance. Un entretien plus laborieux, s'il met à jour des problèmes de compréhension des documents ou confirme les erreurs commises par le candidat, en restera à un ou deux types de questionnement.
  • Attention cependant : les questions posées par le jury ne précisent pas la nature de la question et ne vous orientera pas vers la correction ou la précision. Le jury se doit de rester neutre, de ne pas influer sur l'interprétation du candidat. Il vous demandera d'expliquer votre propos, de reprendre un argument développé, il pourra éventuellement mettre en lumière des incohérences ou des contradictions dans votre exposé. C'est au candidat de considérer, en prenant le temps de la réflexion, si son propos semble corroboré par le document sur lequel il a travaillé, si son propos repris par le jury semble clair. La question posée indique simplement qu'il y a quelque chose à reprendre, sans en préciser la nature.

Conseils de rapports de jury de l'agrégation externe

Option A

  • Oralisation ne signifie pas relâchement ; or, le niveau de langue est parfois la première victime lors de l'entretien en français. On essaiera donc d'éviter les tournures trop familières, en se rappelant (et ceci concerne le fond également) que le passage au français ne signifie pas que l'épreuve soit terminée et qu'on puisse se mettre à raconter naïvement sa vie de lecteur, en disant que telle lecture a été une révélation, que tel auteur est absolument brillant etc. Il serait bon, lors de l'année de préparation, de s'entraîner au jeu des questions/réponses, sans quoi l'on risque de prendre les questions du jury pour des piques ou des pièges, ce qu'elles ne sont pas censées être. Les questions visent à permettre aux candidats de préciser un point, de nuancer un propos, d'approfondir une analyse. Il faut donc à tout prix éviter de répéter ce qui a été dit dans la leçon en relisant ses notes (comme si l'auditoire n'avait pas été attentif), car le jury attend des éclaircissements, des nuances ou des approfondissements, pas des redites. [...] (2012)
  • Si les questions posées demandent souvent des précisions, certaines sont de « vraies » questions, que les membres du jury se posent également et auxquelles ils n'apporteraient pas tous la même (la bonne) réponse ; les circonstances de l'épreuve, son cadre, son format, ne doivent pas faire oublier tout ce que la littérature doit à la complexité de ses formes et au rôle de ses lecteurs : peut-être est-il utile de rappeler, avec Roland Barthes, qu' « interpréter un texte, ce n'est pas lui donner un sens (plus ou moins fondé, plus ou moins libre), c'est au contraire apprécier de quel pluriel il est fait. » Citation qui aidera peut-être aussi les futurs candidats à entendre la voix de l'autre et à proposer une autre lecture lors de l'entretien : faire preuve d'assurance, c'est plutôt bon signe pour un futur enseignant, mais ne pas écouter les questions posées et refuser de se remettre en question pour s'engager dans une réflexion imprévue, c'est beaucoup plus gênant. Les candidats, par exemple, qui continuent à parler d'art de la perte et de perte de l'art quand le jury tente de leur faire ébaucher une réflexion sur le sujet effectivement proposé ("Dereliction in Fiesta"), semblent confondre cohérence du propos et répétition ou entêtement, et ne tirent aucun profit de l'entretien. Il est inutile, à l'inverse, de s’empresser de dire tout le contraire de ce que l’on a avancé en croyant ainsi faire faire plaisir à un auditoire capricieux : nuancer un propos n’implique pas de se contredire [...]. (2012)
  • Il est conseillé aux candidats de prendre des notes lorsque les membres du jury formulent leur question ; cela leur permet de préparer plus sereinement une réponse, sans avoir à ajouter en cours de route “I’m sorry, I can’t remember what you said next”. (2012)
  • L’entretien qui suit la leçon devrait également faire l’objet d’une plus grande vigilance. Le jury prête une attention particulière au maniement de la langue française : à la correction syntaxique, à la qualité du lexique littéraire. Le jury observe la façon dont le candidat évite le franglais, les phrases inachevées, les tics de parole ou les paresses d’expression telles que « etc. », « voilà », « on va dire que… », « quelque part ». Il ne s’agit pas d’un échange informel, mais d’un test d’aptitude à parler d’un oeuvre de façon nuancée, soutenue et argumentée. Le passage au français, lors de l’entretien, ne devrait pas entrainer de relâchement dans l’expression et pourrait faire l’objet d’un entraînement, au même titre que les autres parties de l’oral. Les qualités particulièrement appréciées, lors de cet entretien, méritent quelques précisions car un grand nombre de candidats réagissent aux questions du jury en revenant sur ce qu’ils ont dit au cours de la leçon, afin de le rappeler ou de le justifier. Réaction fort compréhensible. Mais le jury essaie généralement de poser des questions ouvertes, sur ce que le candidat a le moins développé. Si le candidat n’a pas donné une grande place au texte, par exemple, le jury l’attire du côté de microlectures. Si un ou plusieurs aspects du sujet posé ont été laissés de côté, les questions portent presque systématiquement sur ces zones d’ombre. Le jury apprécie donc, avant tout, la disponibilité intellectuelle du candidat à l’échange, son implication dans l’écoute, sa capacité à réfléchir en situation. (2013)
  • L’entretien en français peut être l’occasion pour le jury de demander au candidat de résumer, reprendre, nuancer son propos : nul piège ici, il s’agit de permettre au candidat d’expliciter certains développements ou exemples pertinents traités en un temps nécessairement très bref au cours de la leçon. Certaines questions encouragent aussi le candidat à aborder des aspects négligés lors de sa présentation ; elles ne soulignent pas nécessairement un oubli majeur, mais suggèrent plutôt une autre manière de concevoir le sujet et demandent au candidat non de retourner à ses notes pour justifier ses choix, mais de reprendre l’oeuvre et de réfléchir à d’autres exemples. (2014)
  • Au début de l’épreuve le jury rappelle au candidat qu’il devra dicter son plan clairement ; il faudra donc veiller à proposer des titres relativement courts et clairs pour chacune des parties. Cette exigence de clarté est essentielle pour l’ensemble de la leçon : le jury doit pouvoir comprendre la logique, prendre des notes, suivre la progression des idées et comprendre les liens entre les exemples et le sujet. Les termes littéraires fondamentaux (narrateur, focalisation, métaphore, tragédie, romantisme, etc.) doivent être maniés avec justesse et sans ostentation (la déconstruction est un mode de lecture et non une vague forme de contradiction ; graphème n’est pas synonyme de syllabe) – et correctement prononcés. (2014)

Option B

  • Cet entretien est une étape cruciale qui permet souvent au candidat d’approfondir sa réflexion. Le jury conseille donc aux candidats de se battre jusqu’au bout de cet entretien (qui dure entre dix et quinze minutes), et non de donner l’impression d’abandonner, en se refermant sur eux-mêmes, en parlant d’une manière de moins en moins audible, en donnant des réponses de plus en plus courtes, ou en se murant dans le silence. Les questions du jury lors de l’entretien n’ont pas pour fonction de piéger le candidat. En aucun cas l’entretien ne fait « perdre des points » au candidat. Les questions découlent de la prestation de ce dernier et le jury essaye le plus souvent d’éclaircir ses propos (en demandant au candidat de développer certaines de ses remarques trop rapides ou trop floues par exemple) ou de vérifier des connaissances (lorsqu’il y a eu une erreur de date par exemple ou l’omission d’un acteur clé). Beaucoup de questions sont aussi l’occasion d’un retour par le jury sur le sens du sujet. Aussi, souvent, lors des dix dernières minutes de l’épreuve, les membres du jury font-ils avec le candidat le travail d’étude des termes auquel ce dernier aurait dû se livrer lors des trente premières minutes de sa préparation. D’où l’importance cruciale de l’analyse en amont du sujet par le candidat. D’autres questions visent à permettre au candidat de corriger ses erreurs. Ces questions sont parfois difficiles à gérer par le candidat : si, par une série de questions, un membre du jury fait prendre conscience au candidat qu’il s’est trompé dans son développement, le candidat se braque parfois en refusant d’admettre son erreur et en répétant son idée initiale. Ceci est une mauvaise stratégie. Les candidats qui prouvent lors de l’entretien qu’ils savent réfléchir en temps réel et rebondir sur les questions qu’on leur pose pour reprendre leur réflexion et l’amener vers une direction nouvelle font preuve de l’honnêteté et de la souplesse intellectuelles que le jury attend de futurs agrégés. C’est donc parfois les entretiens qui peuvent paraître les plus « durs » aux candidats qui leur permettent d’obtenir de meilleures notes. D’où, là encore, le besoin pour les candidats de ne jamais abandonner et de se battre jusqu’à la dernière question posée par le jury. (2011)
  • L'entretien doit être abordé dans un esprit constructif et doit être conçu comme une chance d’améliorer sa prestation plutôt que comme une épreuve supplémentaire. Le jury est réellement bienveillant, et ses questions sont toujours guidées par le souci d’éclaircir des points qui seraient restés dans l'ombre, ou de prolonger des pistes intéressantes qui n’auraient été qu’abordées par le candidat. Or certains candidats ont une tendance très fâcheuse à se braquer, voire à faire preuve d'arrogance. Une telle attitude est totalement contre-productive : l'extrême maladresse d'un candidat qui a cru utile de demander au jury de définir la contre-culture est un exemple frappant de ce qu'il convient de ne pas faire. Puisque l'entretien doit être abordé dans un esprit positif de collaboration avec le jury, la stratégie malheureusement très fréquente qui consiste à « jouer la montre » en répondant très longuement à chaque question, même très simple ou factuelle, dans l'espoir d'en limiter le nombre, est à proscrire totalement. Le jury n'est jamais dupe et ne peut que condamner une attitude aussi peu constructive. Si le candidat ne sait pas répondre à une question, il est inutile qu’il se lance dans un développement souvent stérile pour masquer une ignorance qui n'en devient que plus flagrante. Son intérêt est au contraire de faire preuve de franchise, et sans perdre de temps inutile, de donner ainsi la possibilité au jury de lui poser d'autres questions auxquelles il saura, cette fois, répondre. Dans le même esprit, il est préférable d'éviter de commencer toutes ses réponses par un péremptoire « as I said before », ou « this is precisely what I analysed in my first part » etc. Si le jury pose une question, c'est bien qu'il considère que le point n'a pas été abordé de façon satisfaisante par le candidat. Mieux vaut accepter d’explorer les nouvelles pistes proposées par le jury afin d’améliorer sa prestation plutôt que s’enfermer dans un exposé jugé limité. (2012)
  • L’entretien permet au jury de donner l’occasion au candidat de préciser sa pensée, voire de répondre de façon concise à des questions bien ciblées posées par les membres du jury. Les questions conceptuelles, sur l’idée de nation, par exemple, ont rarement donné lieu à des développements satisfaisants. Certains mécanismes, comme celui du « closed shop », (question posée à des candidats devant commenter une allocution de Roosevelt, « Address at Teamsters Union Convention, Washington, D.C. » du 11 septembre 1940) ont semblé inconnus de bien des candidats, même de ceux qui, par ailleurs, avaient fait un commentaire pertinent du texte. Le candidat ne doit pas considérer l’entretien comme lui offrant l’occasion d’apporter la preuve de l’étendue de ses connaissances, si celles-ci n’ont pas de rapport direct avec le document. Comme dans le commentaire lui-même, le candidat doit les mobiliser à bon escient. Certains candidats se sont prêtés de mauvaise grâce à l’exercice : toute question posée par un membre du jury doit être considérée comme pertinente. (2014)
  • L’entretien n’est pas conçu pour piéger ou pour déstabiliser le candidat. Il ne convient donc pas de répondre « as I said earlier » ou « I already mentioned the fact that… », en faisant comprendre au jury que ses questions sont peu pertinentes, ou qu’il aurait dû être plus attentif. Si le jury demande une précision, c’est que l’idée n’a pas été suffisamment bien exprimée lors de l’exposé, ou que l’interprétation du candidat est tout simplement erronée. Le jury offre ainsi au candidat l’occasion de corriger un contre-sens, de préciser un point factuel, ou d’envisager une autre lecture de l’un des aspects ou passages du texte. Le candidat ne doit pas avoir peur d’admettre qu’il a pu se tromper. Le jury saluera son honnêteté intellectuelle. Si, à la suite de cela, le candidat parvient même à proposer une nouvelle interprétation de l’aspect sur lequel s’était portée son erreur initiale, sa prestation sera d’autant plus bonifiée. L’entretien n’est pas un test de culture générale. Très souvent, le candidat est plutôt amené à corriger un défaut de raisonnement. Il est donc appréciable que le candidat prenne le temps de la réflexion et ne s’engage pas dans une réponse à l’emporte-pièce. Il faut éviter les longs moments de silence, de même que les stratégies dilatoires qui peuvent amener un candidat à s’auto-paraphraser pendant plusieurs minutes, ce qui réduit le temps de l’entretien. Les candidats qui, inversement, « jouent le jeu » et maintiennent leur effort de communication et d’analyse pendant tout le temps de l’oral peuvent très bien gagner des points grâce à l’entretien. Il va sans dire que des prestations qui restent trop allusives sur le contexte et ne repèrent pas dans le texte des références exigibles s’exposent à un entretien portant plus sur une vérification des faits, de la chronologie, du sens de certains termes. Encore une fois, il ne s’agit pas pour le jury de procéder à une validation des acquis, mais de permettre au candidat d’amorcer une réflexion sur les véritables enjeux du texte à partir des connaissances de base. Il faudrait idéalement qu’une élucidation contextuelle pendant l’entretien conduise le candidat à relancer son analyse. (2016)

Option C

  • L'entretien se déroule en français. Les questions posées au candidat sont de deux types : demandes d'éclaircissements sur certains points de l'exposé, trop rapidement abordés ou manquant de précision ; questions sur des occurrences que le candidat n'a pas traitées afin de lui donner la possibilité de compléter son exposé. Le candidat doit prendre le temps de bien comprendre les questions qui lui sont posées et de relire attentivement les énoncés sur lesquels elles portent. Elles sont pour lui l'occasion de compléter ou d'affiner une analyse, voire de la corriger. Le candidat évitera de répéter mot pour mot ce qu'il a pu dire dans son exposé et veillera à saisir les perches que lui tend le jury, qui cherche à aider le candidat à mettre en valeur ses connaissances et ses capacités d'analyse personnelle. (2011)
  • Cette partie de l’épreuve joue un rôle important. A plusieurs reprises, l’entretien a permis à des candidats de montrer qu’ils possédaient des connaissances qu’ils n’avaient pas mises en valeur pendant leur présentation, ou de rectifier quelques erreurs d’interprétation ou de manipulation. Les questions posées par les membres du jury sont diverses et souvent ouvertes. Il peut s’agir de vérifier des propos, de demander une précision ou d’amener le candidat à approfondir son analyse. Il ne s’agit en aucun cas de mettre le candidat en difficulté. (2012)
  • L’entretien ne doit pas être vécu comme une salve d’attaques. Il ne vise ni à déstabiliser le candidat, ni à le prendre en faute, mais au contraire, à voir s’il reste une marge de progression par rapport au propos présenté. Bien que cette étape de l’épreuve puisse constituer, de manière bien compréhensible, une source d’anxiété, elle doit être envisagée avant tout comme une occasion d’améliorer sa note finale. Il est conseillé au candidat d’être très à l’écoute des questions. Certains se contentent de répéter ce qu’ils ont dit durant leur présentation, ce qui ne fait pas progresser leur pensée. Il est également possible de prendre quelques secondes pour relire un extrait ou pour réfléchir avant de répondre au jury. Les questions posées partent généralement de ce qu’a dit le candidat durant sa présentation. Elles peuvent avoir différents buts : faire corriger une erreur d’analyse ; inviter à compléter une étude d’occurrence ; faire percevoir une distinction entre deux énoncés présentés comme similaires ; vérifier qu’un concept linguistique cité au détour d’une phrase fait réellement sens pour le candidat et qu’il est capable de l’appliquer à un énoncé du corpus ; revenir sur un segment de la citation pour inviter le candidat à prendre plus clairement position et donc à expliciter sa pensée ; faire étudier une occurrence importante négligée ; etc. (2013)